C’est à partir de 1968 qu’Arlette Denis commence à chanter. D’abord écoutée dans l’intime de quelques soirées entre amis, elle va, sa guitare sur le dos, l’Officiel des Spectacles dans la main, tirer quelques sonnettes, passer des auditions, commencer à rêver à cette grande aventure dans laquelle elle se jette avec ferveur.

C’est un petit Cabaret, pas très connu, aujourd’hui disparu, “Le Jour de Fête”, rue Guénégaud à Paris où Christian Mousset Comédien qui tient les lieux, l’auditionne et l’engage.

Premier vrai public, premiers gros tracs, premiers pas, premières joies, premiers cachets, premiers partages, l’apprentissage, la rude école, la belle école…Le rêve se transforme, il vient côtoyer la réalité. Une porte s’ouvre. Alors s’enchaînent les soirées Cabarets, petits ou plus grands, tous ces lieux à Chansons qui fleurissent à Paris :“Le Bateau Ivre“, “Chez Félix”, “L’Echelle de Jacob”, “Le Caveau de la Bolée“, “Chez Georges” où l’on peut ainsi, à cette époque et en un soir, se produire sur des scènes multiples à la rencontre de l’espoir.

Une nuit, un coup de frein, un grand bruit, un choc et puis plus rien. Un trou, le vide, la douleur. Un peu plus tard, la soif de se remettre debout revient. Remarcher, rechanter. La jeunesse veille, elle donne la force pour toutes les audaces… Arlette  réapparaît, un peu bancale, dans l’axe majeur de la force de vivre.

De récital en récital, de gala en tournée, Arlette Denis poursuit une carrière exemplaire en écrivant, en composant, en interprètant ses chansons. Elle lutte, elle doute, elle s’enflamme parfois en faisant la Première Partie de Jacques Debronckart, de Georges Chelon ou de Gilbert Bécaud dans de si beaux petits théâtres en Province.

Le Festival de “Chansons et Musiques de Femmes” où elle est en première partie de Nicoletta. Elle rencontre Juliette Gréco, Marie-Paule Belle, Colette Magny… Tout repart, on reprend à zéro, les mains font mal, les jambes marchent, tout est bien.

Puis vient la rencontre avec Mouloudji, elle croit pouvoir ouvrir un peu plus ses ailes.
C’est aussi l’époque du “Port du Salut”, Georges Moustaki, le “Don Camillo” Jean Vallée, Pierre Douglas, Jean Raymond, Bernard Mabille, Dadzu, avec Armand Motta au piano…

"Mes Chansons ne sont que du superflu indispensable, quelques vaccins d'Amour, des Petites Pommades pour le Coeur sur nos bobos multiples, juste des passerelles pour se rencontrer un peu mieux."

"Une Chanson qui frappe à la porte pour me dire qu'elle est prête à s'élancer vers Vous me réveille souvent en pleine nuit et c'est du partage qui, un jour, se multiplie"

La Télé un peu, les découvertes d’André Blanc, Pascal Sevran “La Chance aux Chansons”., les radios, Eve Griliquez “Libre Parcours”, le Pop Club de José Artur, Puis sa route lui fait croiser un Cabaret sur la Butte Montmartre “Le Lapin Agile”, un grand coup de coeur. Yves Mattieu l’engage. Tous ceux qui s’y produisent et qui
deviennent “sa Bande et un peu sa Famille” l’encouragent.

Depuis toutes ces années, elle défend un répertoire de qualité qui puise la force de son inspiration du côté des grands poêtes de la chanson, Brel, Ferré, Brassens..On la compare souvent à un Brel au féminin.

En 1986, elle rencontre Jean-Louis Cortés qui devient son arrangeur car jusque là, elle n’avait pas encore enregistré. Il est un musicien de grand talent qui accompagne Hervé Vilard, Hubert Félix Thiéfaine et aussi Chantal Gallia.

Il devient l’accompagnateur fidèle d’Arlette car son univers lui parle et Jean-Louis sait habiller joliment les mélodies qu’elle compose. Aujourd’hui encore, c’est avec Jean-Louis Cortès qu’elle réalise tous les arrangements et les enregistrements de ses chansons en Studio Maison/Ami. C’est ainsi que des K7 au tout début, puis un 45 tours et enfin des Albums CD voient le jour. La réalisation se fait toujours à “Compte d’Auteur”, ce qui veut dire “Autoproduction”.

Même si ce n’est pas facile, les temps ont changé, les Cabarets ferment les uns derrière les autres. Seul Le Lapin Agile subsiste et tient le cap. Elle en est un des piliers et c’est en fin de soirée qu’elle propose ses réalisations.

Dans le même temps, elle met en place une structure Associative “Cinquième Saison Productions” où elle est responsable de la Communication et des Projets pour lesquels la Chanson, le Théâtre, la Musique, la Poésie, la Peinture, la Sculpture ou la Danse deviennent des Relais Artistiques pour aller au contact d’un plus vaste public.
Les années défilent avec leurs lots d’émerveillements ou de grisaille.

Festival d’Aigues-Mortes, Arlette fait ses premiers pas sur une scène de Théâtre dans “Le Procès de Jacques Coeur” de Guy Vassal mis en scène par le merveilleux Comédien et Ami Jacques Zabor. Elle y tient le rôle du troubadour. On est en 1988.
La même année, Lucette-Marie Sagnières Comédienne, Metteur en Scène, Journaliste, Ecrivain et Auteur Dramatique écrit et met en scène “Padam-Padam Piaf” et demande à Arlette de jouer ce spectacle. Jean-Louis Cortés est aux claviers.

Lucette-Marie Sagnières confie “J’ai été bouleversée par la voix d’Arlette Denis, par son timbre puissant et sombre, avec une voix comme celle-là, on peut chanter Piaf. De plus, c’est une interprète, au sens littéral, c’est-à-dire capable de traduire, de transmettre. Sans elle, je n’aurais pas pu envisager ce spectacle”.

En 1993, le metteur en scène et comédien Jean-Luc Borras lui confie le rôle de Don Quichotte – Cervantès dans “L’Homme de la Mancha”. Aventure, défi encore et toujours. Jean-Louis Cortès est encore là aux commandes musicales. Tournée nationale. Succés, Troupe. C’est bon à prendre, apprendre. En 1997, Arlette Denis compose et signe avec enthousiasme quelques musiques à partir de l’Oeuvre du Poête de René-Guy Cadou que chante Véronique Vella (Sociétaire de la Comédie Française).

Ce Spectacle “Liberté Couleur des Feuilles” est présenté dans les Salons de la Comédie Française puis au Studio Théatre du Carrousel du Louvre puis au Théâtre du Vieux Colombier et partira ensuite en tournée. Jean-Louis Cortès assure l’accompagnement de Mademoiselle Véronique Vella sur scène.

C’est également cette même année que Jacques Salomé, Psychosociologue, Fondateur de l’Association Française de Psychologie Humaniste, Ecrivain et Formateur en Relations Humaines parraine le Premier Festival “Tendresse et Communication” en Avignon et demande à Arlette de venir y chanter au terme des journées de Conférences/Débats. Elle est déjà intervenue plusieurs fois au cours des différents stages et séminaires de développement personnel que propose Jacques Salomé dont la renommée internationale n’est plus à faire.

L’univers d’Arlette touche beaucoup d’entre nous car il rejoint, dans son écriture et dans sa présence sur scène, les qualités fondamentales qui ouvrent la voie du coeur. Elle tente ainsi de permettre à chacun de s’appuyer sur le meilleur de lui-même pour rebondir, repartir et se sentir vivant car pour Arlette, la musique et les mots sont de grands vecteurs d’énergie pour nous faire grandir. En cette fin de siècle, elle ouvre, en parallèle, une autre voie. Elle achète un Orgue de Barbarie et propose un Spectacle vivant, généreux qui peut s’inscrire dans des espaces pluriels. Car, retrouver nos chansons populaires, c’est sans doute venir un instant aux vendanges d’un jardin suspendu se ressourcer à nos racines quand les vents roulent du côté de la Tendresse.

En 2000, Arlette remporte la “PALME D’OR DU FESTIVAL NATIONAL DES CHANTEURS DE RUE” avec ce Spectacle vivant “Macadam Manivelle”. Comme elle aime parfois à le souligner “je ne propose ici que du superflu indispensable, des petits vaccins d’amour contre nos bobos multiples… Lorsque j’écris, quand je compose, je ne suis qu’un éveilleur, un amplificateur, un passeur de mots. C’est toi, ce sont tous ceux qui écoutent, qui entendent, oui ce sont les gens qui donnent un sens à mes chansons et qui font tout le reste de l’histoire. Car mes chansons offertes, elles ne m’appartiennent déjà plus. Elles ne m’ont fait signe que parce qu’elles étaient prêtes à sortir de moi. Ensuite, c’est toi, c’est vous qui devenez co-auteurs”.

Alors les choses avancent autrement aujourd’hui pour elle entre Le Cabaret et la Rue. Elle sent bien que c’est avec cette Chanson Populaire, son Orgue de Barbarie qu’elle peut proposer, dans des Galas, un Spectacle qui alterne entre les “flonflons de qualité” où chacun se retrouve dans une mémoire collective pour chanter en chœur mais peut aussi être amené à découvrir la couleur de ses propres compositions où elle s’accompagne à la guitare où avec la présence aux claviers de Jean-Louis Cortès.

Une même femme pour des atmosphères qui s’entremêlent. Le Titi Parisien, le Poulbot au jardin de nos souvenirs mais encore et surtout cet Auteur-Compositeur qui, par ses accords de guitare, sa voix, son climat vous emmènent aux sources de quelques dentelles.

Non, pendant tout ce parcours, Arlette Denis n’a pas eu de Producteur, de Distributeur, de Maison de Disques, d’Attaché de Presse, de Manager. Arlette a juste une collection de “casquettes” aux couleurs différentes suivant le couloir à emprunter pour arriver au plus près de nous.

Au tournant de l’Automne/Hiver 2009/2010, elle nous offre un Coffret Intégral de 6 CD pour partager 83 chansons qu’elle a composées avec un Livret de 100 pages où figurent les Paroles et quelques photos avec une Préface écrite par Jacques Salomé.

Le Coffret Intégral s’appelle “JE REMONTE LE TEMPS” avec un sous titre pour le Livret : “Petites Pommades pour le Coeur”…

Pour ceux qui le souhaitent, ils peuvent également se procurer à l’unité le CD “Macadam Manivelle”,14 Chansons Populaires où elle chante avec son Orgue de Barbarie (ce CD ne figure pas dans le Coffret). Tous ces CD et Livrets sont entièrement Autoproduits.

Car oui, Arlette Denis, c’est tout cela et encore bien plus. Pour la découvrir un peu mieux, elle vous ouvre les portes de son Site, sa Page Facebook et Youtube, vous souhaite une belle promenade et vous remercie de votre visite.